Inclassable
L'Ecole des mines de Nantes aime les anguilles au point d'en faire des robots. Elle démarre en début d'année prochaine, avec l'Université de Stuttgart, l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et l'Université italienne de Pise, un nouveau projet européen, baptisé « Angel », doté d'un budget de 3 millions d'euros.


Depuis 2004, le projet Robea, un premier programme de « robot anguille » avait déjà pour objectif de reproduire les performances de ce poisson très particulier. Un premier robot de 2 mètres de long et 15 centimètres de section devrait voir le jour. Fort de ces résultats, l'établissement s'est lancé dans un nouveau projet présenté et labellisé par l'ANR au printemps 2006 : le Robot anguille autonome en milieu opaque (projet Raamo).

L'objectif étant de développer l'autonomie du robot anguille en copiant le sens électrique tel que pratiqué par certains poissons pour se déplacer dans les milieux opaques. « Certains poissons émettent en effet des champs électriques qu'ils perçoivent en retour sur leur peau et en déduisent les obstacles », explique Frédéric Boyer, coordinateur du projet. Avec le projet Angel, il s'agit d'aller encore plus loin en faisant appel à des procédés de robotique reconfigurable. L'idée étant de développer un robot anguille modulable capable de se diviser en robots identiques, mais plus petits, aptes à communiquer et inversement à se réassembler.

Cette nouvelle caractéristique doit offrir au robot la possibilité de se déplacer en s'adaptant à son environnement : réduire sa taille en se démultipliant pour se faufiler dans les tuyauteries anguleuses, analyser un objet selon divers points de vue, etc. Cette anguille robotisée pourrait avoir des débouchés dans la surveillance militaire, la maintenance des plates-formes offshore ou encore l'endoscopie industrielle et médicale...